Festival 2019
 
Théâtre musical, à partir de 15 ans
Le Grand Feu
de Jacques Brel et  Mochélan,
 Rémon Jr, Jean-Michel Van den Eeyden
L'Ancre-Théâtre Royal
 
1ère à Avignon
Conception et mise en scène : Jean-Michel Van den Eeyden
 
Textes : Jacques Brel et Mochélan.
Interprétation : Mochélan et Rémon Jr
 
Création musicale : Rémon Jr
Coach chant : Muriel Legrand
Conseils dramaturgiques : Simon Bériaux
Assistanat : Agathe Cornez
 
Création lumière : Alain Collet
Création vidéo : Dirty Monitor Illustrations et animations : Paul Mattei et Fabrice Blin (Fabot)
Costumes : Sans allure
Régie lumière et vidéo : Isabelle Simon en alternance avec Arnaud Bogard
Régie son : Steve Dujacquier en alternance avec Samson Jauffret
1 bis rue des escaliers St Anne (Manutention)
 
22H
du 5 au 27
(relâche les me 10, ma 16, 23)
juillet 2019
Durée : 1H15
 
Réservation : 04 90 14 07 99

 

 

Critique :

Le grand Mochélan revient à Avignon, après un magnifique "Poumons Noirs" en 2013 joué à la Manufacture lors du Festival, avec "Le Grand Feu, hommage à Jacques Brel, dont Mochélan à l'incandescence, la voix extraordinaire, la présence indéniable. Mochélan est aussi un acteur (il exécute un vrai jeu théâtral à la fin), tel que l'était Brel sur scène dans ses interprétations. Mochélan le rappeur sait tout chanter, on aurait eu plaisir à entendre plus d'interprétations de chansons de Brel, d'un Brel joyeux qui existe aussi, telles les prenantes réinterprétations inventives jouées au piano, accompagnées d'une machine à sons digitale par Raymonf Jr, qu'on entends pour quelques morceaux, aux sons excellents, envoûtants. L'habillage scénique de ces morceaux est époustouflant.
Par des jeux de films, d'images, qui s'intercalent entre les artistes, ils se trouvent, environnés d'arbres qui poussent de façon accélérés jusqu'à devenir une foret. Dans laquelle est maintenant le canapé sur lequel Mochélan est son complice musicien Raymond Jr, discutent de leur travail. Le rappeur est fâché contre son metteur en scène, qui lui a parlé surtout lors de leur dernier rendez vous, d'un cocktail (mondain) où il allait se rendre après...  Le début du spectacle est emballant, on est ailleurs, en bonne compagnie, avec un sens sociétal, ce qu'il faut d'humour et de poésie, dans le texte notamment, avec des images en sur impressions sur la scène et le chanteur, dont celles d'une machinerie à rouages en 3D, ainsi que d'autres images vidéos, tel un clip, dans une technicité paraissant encore jamais vu au théâtre.
Pour le poète chanteur slameur, auteur, être sur scène doit lui permettre de s'exprimer, de donner son point de vue sur le monde, conscient face à ceux qui nous grugent (dont les politiques). Il veut se présenter au public, dire d'où il vient (Charleroi), ce qu'il est, ce qu'il pense, ce à quoi il croit. Il s'appuie pour ce spectacle sur les textes de Brel. C'est son fils de sept ans, dit-il, qui lui a donné l'idée de ce spectacle, lorsqu'en en voiture il lui a demandé d'écouter une cassette du chanteur (en fait, ou de toute façon, c'est son metteur en scène, voire d'autres en amont, qui avait cette idée depuis longtemps pour lui).
Outre des chansons de Jacques Brel qui lui paraissent emblématiques, un peu plus spéciales, authentiques, qu'il interprète en se les appropriant, Mochélan chantent des chansons écrites par lui-même,  proches de l'univers, la façon de voir les choses, de les dire, de Brel, Le spectacle se finit sur une chanson, le sublime "l'inaccessible étoile" chanté par le grand Jacques, c'est superbe, les deux artistes, et nous même, l'écoutons religieusement; on se demande pourquoi ce n'est pas Mochélan qui a chanté celle-là, si belle, devant nous.
 
Décidément, Mochélan est un personnage à connaître, qu'il ne faut pas rater quand on peut le voir, pour découvrir ce qu'il propose, dans une mise en scène affirmée, très différente à chaque spectacle, explorant d'autres horizons.
 
dimanche 14 Juillet 2019

 

 

 

Livret :

"Une plongée contemporaine et authentique dans l’œuvre de Brel. Le rappeur belge Mochélan, le beatmaker Rémon Jr et le metteur en scène Jean-Michel Van den Eeyden se sont lancés le défi de porter à la scène des textes de Jacques Brel en version rap, 40 ans plus tard. Le Grand Feu est un rendez vous avec l’artiste, ses mots, sa pensée. Après Nés Poumon Noir, créé à Avignon en 2013, le trio artistique (Mochélan, Rémon Jr et JM Van den Eeyden) se retrouvent avec l'envie de se confronter à l'univers de Brel, dont l'œuvre et les mots résonnent toujours autant dans leurs vies. Amour, liberté, soif d’aventure, solitude… l’universalité de son écriture interpelle. Sur scène, le trio porte les textes les moins connus du Grand Jacques pour leur donner un nouveau souffle. Et quand Mochélan chante Brel, une certaine filiation se dessine ! Un spectacle à la croisée du théâtre et de la musique, où ils nous racontent leur Brel".

-«Le rappeur n’imite pas Brel. Il se l’approprie avec son air dégingandé, sa voix caverneuse, son visage émacié et sa tendresse brouillée. Il s’enfièvre, entre dans le costume du chanteur, et lui rend vie. À mi-chemin entre théâtre et musique, en dialogue avec le DJ qui donne un bel écho à l’aventure, […] Jusqu’au final, avec la voix de Brel qui chante cette inaccessible étoile. À vous arracher des larmes.» Laurence Bertels, La Libre Belgique.  / 
 
-«La performance se transforme vite en un brasier poétique et humain comme savait en attiser Jacques Brel. Reprenant des airs connus (Les Flamingants, Marieke) ou des textes plus confidentiels (Le Diable, Jaurès, Le Troubadour, L’Ivrogne), Mochélan s’éloigne des () imitation pour imprimer son flow, son accent, sa tchatche. Et pourtant, c’est le même partage intense et chaleureux qui s’opère.» Catherine Makereel, Le Soir.  /  
 
-«Rapprocher les publics, les œuvres, les époques: la nouvelle création de L'Ancre confronte Jacques Brel au rap et au slam. [...] Pour Mochélan, "Le rêve, ce serait de faire apprécier les musiques urbaines au public qui vient pour l'hommage à Brel et faire découvrir et aimer Brel à ceux qui ne jurent que par le rap"», Sébastien Gilles, L'Avenir".  /

 

 

Productions et soutiens :

Production : L’ANCRE - Théâtre Royal.  Coproduction : Théâtre de Poche, MARS, Mons Arts de la Scène et la Fondation Mons 2025, la Ferme du Biéreau. Soutien : Théâtre des Doms. Remerciements : Fondation Brel, Olivier Hespel et Yannick Duret.
 
Metteur en scène, acteur et pédagogue, Jean-Michel Van den Eeyden est directeur artistique de L’Ancre depuis 2008. Il a été formé au Conservatoire de Liège dans les classes de Jacques Delcuvellerie et Max Parfondry. En tant qu’acteur, il a travaillé notamment avec Jean-Claude Penchenat, Michael Delaunoy, As Palavras et la Cie Arsenic.
En tant que metteur en scène, il porte un regard aiguisé sur le monde et s’inscrit dans une démarche artistique ancrée dans le réel.
Il créé Stone en 2005 avec le Théâtre de la Guimbarde (présenté plus de 300 fois). En 2006, il crée Push up, de l’auteur allemand Roland Schimmelpfennig avec le Kollectif Barakha qu’il cofonde avec Yannick Duret, actrice, et Olivier Hespel, dramaturge. Il montera également avec La Guimbarde, Mère Sauvage de Paul Pourveur. En 2010, il crée Un Homme Debout, qu’il écrit et met en scène d’après le récit de vie de Jean-Marc Mahy (Avignon 2011, 250 représentations) et qui sera reconnue comme Pièce d’utilité publique par le Ministère de la Culture en 2014. En 2012, il monte Garuma ! d’Ad de Bond, spectacle franco-belgo-marocain joué sur deux continents avec douze comédiens dont Camille Husson. Pour Avignon 2013, il crée Nés Poumon Noir avec et à partir des textes de Mochélan (Simon Delecosse) sur la musique de Rémon Jr. Un spectacle qui tourne encore aujourd’hui après plus de 100 dates. En 2014, il crée Les Villes Tentaculaires avec Nicolas Mispelaere d’après le recueil d’Emile Verhaeren. Nommée dans la catégorie « Meilleur spectacle », la pièce a remporté le prix de la « Meilleure création artistique et technique » aux Prix de la Critique. Il crée ensuite Amnésia pour Mons 2015 puis met en scène «Smoke on the water » l’événement de la Ville de Charleroi, organisé par L’Ancre, également dans le cadre de Mons 2015. En décembre 2016, il met en scène La Vedette du quartier, de et avec Riton Liebman, présenté au Théâtre de Poche à Bruxelles avant sa programmation dans le focus « Me, Myself & I » à L’Ancre. En 2017, il crée pour le Festival d’Avignon/Off La Route du Levant de Dominique Ziegler qui interroge le sujet complexe de la radicalisation religieuse violente. En 2018, il met en scène Le Grand Feu avec Mochélan et Rémon Jr à l’occasion des 40 ans de la mort de Jacques Brel.